L'Insep, facilitateur de performance par (l')excellence
- Jacques Perrot
- 17 août 2020
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 21 août 2020
Le taekwondo fait partie des nombreuses disciplines enseignées à l'Insep.
Photo Alain Bachellier
Créé en 1975 par l'État, l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance fait office de tremplin pour tous sportifs qui souhaiteraient faire carrière. Par ses infrastructures et son personnel dédiés, ainsi que ses emplois du temps aménagés, tout y est réuni pour permettre à ces étoiles montantes d'y construire les fondations de leurs succès futurs. Un cocon d'excellence où l'effort, l'exigence et la performance forgent leur quotidien. Et où le souffle d'une vie en communauté, entre fauves, transforme leur particularité en normalité. Finalement l'un des rares endroits où la notion de sacrifice se dilue tant tout y est fait pour l'alléger.
Plutôt que de laisser les sportifs de haut niveau s'entourer individuellement de professionnels pour encadrer la performance sportive, l'État a décidé dans les années 1970 de prendre les choses en main et d'organiser au niveau national un centre d'excellence pour regrouper ce qui se fait de mieux : sportifs, infrastructures sportives et médicales, personnel médical, entraîneurs ou encore diététiciens. Une manière d'optimiser les résultats sportifs et ainsi faire briller la bannière tricolore sur la scène internationale. Le sport étant devenu un outil du soft power par excellence.
C'est ainsi que depuis 1975, sous la tutelle du Ministère de la jeunesse et des sports, l'Institut national du sport, de l'expertise et de la performance (Insep) sélectionne les pépites de l'Hexagone dès la 3ème. Offrant, à ces jeunes, un cursus adapté pour combiner réussite scolaire et sportive.
C'est notamment ce dont a bénéficié la pistarde Laurie Berthon, aujourd'hui retraitée. La triple championne de France de l'omnium avait intégré l'Insep en 2008, elle était alors en 1ère scientifique. Elle raconte : « L'Insep, tu t'y fais des copains, c'est un peu la famille. Nous étions dans des classes à effectif réduit, dix élèves en moyenne, et avec un emploi du temps aménagé. Tout est sur place, ça évite une perte de temps au niveau du transport. On s'entraînait deux fois par jour et malgré cela, les résultats sont là : les 100% de réussite au bac sont réguliers. À l'époque, cet emploi du temps aménagé m'a permis de préparer aussi bien mon bac que les championnats juniors. »
Sa journée type se segmentait comme suit :
8-11 heures : cours
11 h 30-13 heures : entraînement
14-16 heures : cours
17-19 heures : entraînement
Venait ensuite les soins.
800 sportifs de haut niveau profitent de 28 hectares de campus
Aujourd'hui, au cœur du bois de Vincennes, l'Insep c'est :
18 sports résidents.
24 disciplines olympiques et paralympiques.
800 sportifs de haut niveau dont 530 accueillis à l’année.
355 internes dont 130 mineurs (scolarisés de la 3ème à la Terminale).
150 entraîneurs nationaux issus de 19 fédérations sportives françaises.
300 agents salariés.
28 hectares de campus.
Un pôle médical démesuré pour chouchouter les athlètes
Côté médical, une douzaine de spécialités s'offrent aux athlètes, grâce à la présence dans l’établissement, de nombreux spécialistes : chirurgiens orthopédiques, rhumatologues, gynécologues, cardiologues, radiologues, endocrinologues, psychiatres, pédiatres, urgentistes, kinésithérapeutes, psychologues et podologues.
Un pôle médical participe même à la prévention auprès des sportifs (hygiène de vie, alimentation, dopage …).
Si on ajoute, à cela, l'ensemble des équipements sportifs spécifiques (comme les nombreux complexes sportifs), les infrastructures médicales (IRM, imagerie par DXA*) et de récupération, l'hébergement et restauration ou encore l'accompagnement individualisé en ce qui concerne la formation et la reconversion professionnelle, difficile de faire mieux pour optimiser la performance.
Et côté scolaire, le modèle semble réussir, puisque à l'issue de l'année scolaire 2019/2020, le taux de réussite au bac des Terminales de l'Insep, à travers les lycées partenaires du secteur, s'élève à 100% (42 sur 42), dont 88% avec mention.
Un petit paradis pour les athlètes français. À eux d'en mesurer la chance, et de la saisir pour atteindre des sommets.
Jacques PERROT
* : permet la prédiction du risque fracturaire, la recherche de marqueurs de pathologies associées ou encore d'évaluer le statut métabolique par la mesure de la composition corporelle.






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